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Le Groupe de codéveloppement professionnel «accompagné»

Payette et Champagne (1997) définissent le groupe de codéveloppement professionnel comme étant une «approche de formation qui mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour favoriser l'atteinte de l'objectif fondamental : améliorer la pratique professionnelle» (p.7). Il s'agit d'étudier une situation professionnelle vécue et présentée par un participant, en mettant à contribution les savoirs pratiques et les connaissances théoriques des uns et des autres afin d'y apporter un éclairage collectif. 

Dans le cadre du présent projet de formation continue, chaque groupe de codéveloppement professionnel est composé d'une dizaine d'enseignants associés qui se réunissent à quelques reprises au cours d'une année scolaire. Suivant la démarche en six étapes proposée par Payette et Champagne (1997), il s'agit d'un processus d'échanges structuré, animé par un enseignant membre de l'équipe de recherche et accompagné par un chercheur universitaire qui peut intervenir tant au plan du contenu que du processus. 

Un membre du groupe, qui a été préalablement désigné, relate une expérience qu'il a vécue en lien avec sa fonction d'enseignant associé.  Pendant cet exposé de la situation, le groupe écoute sans poser de question (étape 1).  Le «cas» est ensuite analysé collectivement à partir des cinq étapes suivantes.  

Les participants interrogent la personne qui a présenté la situation dans le but d'obtenir plus d'informations et de précisions en liens avec certains aspects dudit «cas». À cette étape, ils doivent éviter les «fausses questions» qui mènent déjà vers des pistes de solutions (étape 2).  

Après avoir synthétisé la situation présentée en une phrase ou deux, l'enseignant exprime ce qu'il attend du groupe à travers le travail collectif : une analyse de la situation pour mieux comprendre la situation vécue ou encore une recherche de solutions afin d'être mieux outillé si une situation semblable devait se présenter à nouveau (étape 3).  

Selon la demande qui leur est adressée, les participants partagent leur analyse de la situation, expriment leur point de vue, donnent leur avis et font des suggestions. Cela s'effectue dans une perspective constructive. Le chercheur universitaire, qui agit à titre d'accompagnateur, intervient pour apporter, entre autres, un éclairage issu des connaissances scientifiques. Lors de cette étape, à laquelle on consacre la plus grande partie du temps d'une rencontre de codéveloppement, l'enseignant associé qui a présenté la situation écoute; il ne prend jamais la parole (étape 4).  

La personne ayant soumis le « cas » résume les éléments les plus signifiants pour elle et présente son plan d'action, c'est-à-dire qu'elle mentionne ce qu'elle retient plus particulièrement parmi tout ce qui a été exprimé par les membres du groupe. Elle précise aussi ce qu'elle compte en faire à l'avenir (étape 5).  

Finalement, les membres du groupe prennent quelques minutes pour écrire ce qu'ils retiennent de la rencontre (leurs apprentissages). Ils sont ensuite invités à exprimer leurs idées à tour de rôle (étape 6).  

En guise de fermeture, le groupe évalue le déroulement de la rencontre afin de réguler le fonctionnement, au besoin. L'ensemble de la démarche s'étend sur une période d'environ 90 minutes, ce qui rend possible la tenue de ces rencontres après une journée de travail à l'école ou encore dans le cadre de journées pédagogiques.

Jusqu'à présent, les enseignants associés ayant participé aux groupes de codéveloppement considèrent que cette expérience leur a permis d'échanger collectivement à partir d'expériences individuelles ; d'enrichir leur répertoire de stratégies et de moyens pour mieux accompagner les stagiaires ; de développer leur expertise et leurs compétences professionnelles donc de renforcer leur identité en tant que formateurs de la relève enseignante ; de former, avec leurs collègues, une communauté de pratique à l'égard de laquelle ils éprouvent un véritable sentiment d'appartenance.